Glaxo fait cadeau de la recherche sur le paludisme

Mercredi 20 janvier, 12:45 AM PST

NEW YORK/LONDRES (Reuters) - GlaxoSmithKline Plc espère obtenir l'agrément en 2012 pour son vaccin expérimental contre la malaria et déclare qu'il ne chercherait qu'un petit profit pour assurer un emploi très large dans les pays durement touchés par le mal.

Le Chef exécutif a aussi  annoncé que le labo donnerait accès à un stock de 13.500 traitements potentiels de la malaria pour d'autres tests qu'il développera plus avant si ils s'avèrent positifs.

Glaxo tirera vraisemblablement un "petit 5%" du vaccin, a déclaré Witty, suffisamment pour encourager les autres fabricants à poursuivre leurs propres recherches contre des maladies qui demeurent de grandes tueuses dans les pays les moins développés.

 

"Ses ventes en dollars seront très petites," a-t-il déclaré aux journalistes en préalable à un discours programmé mercredi devant le Council on Foreign Relations à New York.

"On doit ... s'assurer qu'on ne fait rien qui empêcherait les autres labos d'entrer dans le jeu" a-t-il déclaré, ajoutant que le bénéfice serait réinvesti dans les recherches sur des médicaments pour des maladies qui touchent les pays pauvres.

"Si nous créons un précédent non lucratif (en prix), nous pourrions décourager les autres de poursuivre les recherches contre la malaria ou d'autres maladies tropicales négligées".

Le vaccin Mosquirix doit finir les dernières études en 2011 avec une cohorte de 16.000 patients. S'il s'avère efficace, et s'il est approuvé par les régulateurs, il sera le premier vaccin protégeant contre la maladie transmise par le moustique.

"S'il tient ses promesses, je crois que c'est incroyable" a dit Witty. Il a déclaré qu'il serait une arme majeure dans la lutte contre la maladie, qui tue plus d'un million de personnes chaque année dans le monde, la plupart étant des enfants en Afrique et en Asie.

Recherche contre la malaria gratuite

Cinq chercheurs de Glaxo ont passé deux ans a tester 2 millions de molécules pour identifier toutes celles  qui pourraient être développées pour lutter contre la malaria.

Witty a déclaré qu'on en a trouvé 13.500 qui seront proposées gratuitement à la communauté scientifique et à la recherche, et à d'autres labos, pour poursuivre les études.

"C'est le plus loin que personne ait jamais fait" a-t-il dit. Personne n'a jamais mis dans le domaine public le résultat du screening de 2 millions de molécules. C'est la base même dont dépendra les futurs médicaments à venir".
Tant que les résultats permettront de lutter contre la malaria, il n'y aura "aucun lien" a-t-il déclaré, et Glaxo n'attendra aucun paiement ou royalties pour le travail fait.

L'an dernier, Glaxo avait annoncé qu'il donnerait accès à des chercheurs des pays en développement à 800 brevets et brevets en soumission -connu comme le groupement des brevets- pour des maladies tropicales.

Witty a aussi ajouté que l'entreprise serait intéressée dans une certaine mesure de permettre à des chercheurs d'accéder aux brevets dans le cas du VIH, le virus à l'origine du SIDA, qui fait un nombre particulièrement élevé de morts en Afrique.

"On veut faire partie d'un engagement constructif" a-t-il déclaré, faisant allusion à une possible communauté de brevets dans le cas du SIDA.

En attendant, Glaxo a octroyé huit licences volontaires en Afrique pour permettre à d'autres de produire des génériques des traitements du SIDA de l'entreprise, sans paiement en retour de royalties à l'entreprise basée à Londres.

"L'an denier, ceux qui ont bénéficié de nos licences ont fourni quatre fois plus de produits que nous ne l'avons fait" a ajouté Witty.

La société basée à Londres, a aussi établit un labo "ouvert à tous" à Tres Cantos, en Espagne pour que des scientifiques poursuivent leur travail contre les maladies tropicales en utilisant les équipements et les locaux de Glaxo. Glaxo a créé une fondation à but non lucratif de 8 millions de dollars USA pour financer ce projet.

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