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Les APE africains-UE dans le flou
Dangers de la 10e conférence ministérielle de l’OMC: Nouveau cycle + TTIP + TPP + APE
Les APE se désintègrent en Afrique de l’Est
L’UE a donné au monde l’impression que la formule magique pour le développement de l’Afrique et son intégration dans le courant principal de l’économie mondiale réside dans les accords de partenariat économique (APE). Cependant, il y a des preuves que le soi-disant pacte commercial est plutôt une menace qu’une aide pour l’intégration régionale, et par conséquent pour le développement de l’Afrique. AEFJN a maintenu que les APE sont un outil viable dans les mains de l’UE pour piller les ressources de l’Afrique. Mais ce qui est le plus pénible, c’est la manière dont l’UE emploie les fonds de développement pour imposer sa volonté à la gorge des gouvernements africains et pour sous développer l’Afrique. En savoir plus
On parle beaucoup ces jours-ci du TTIP, partenariat économique transatlantique de commerce et d’investissement. Les Africains savent très peu de choses au sujet du TTIP. D’autre part, les Africains ont énormément souffert des APE (accords de partenariat économique) pendant les trente dernières années, mais peu de personnes en Europe sont au courant de cela. Pourquoi les gens en Europe ne savent-ils pas, ou ne se soucient-ils pas de savoir ce que sont les APE ? Qu’est-ce que tout ce remue-ménage à propos du TTIP, et pourquoi est-il important pour les Africains d’être au courant ?
Ken Ukaoha est Président de l’Association nationale de commerçants nigérians (NANTS) et il est membre de l’équipe nigériane qui négocie l’Accord de Partenariat Economique (APE) pour la CEDEAO. Il souligne que l’APE, dans sa forme présente, est dangereux pour la CEDEAO et pour toute l’Afrique. Un des dangers de l’accord commercial est que c’est une recette pour un accaparement massif de terres et les conflits qui en dérivent. L’accord est un esclavage systémique pour l’Afrique. La voie à suivre est une renégociation de l’APE au niveau de l’Union Africaine.
Au cours des 3 dernières décennies, les pays africains ont bénéficié d'un accès préférentiel au marché européen. Les APE vont modifier dramatiquement cette relation. L'Afrique est appelée à ouvrir son propre marché et les APE sont basés sur le principe de la réciprocité. L'agriculture constitue le pilier de l'économie africaine et le moyen de subsistance de la majorité de sa population. L'UE affirme que les consommateurs africains tireront profit des APE grâce aux produits alimentaires à bas prix importés de l'Europe. Mais, en réalité, qui en profitera? L'alimentation et l'agriculture sont des intérêts nationaux stratégiques dont la charge ne peut être confiée aux entreprises et gouvernements étrangers. Un accord de libre-échange avec l'UE aura un impact non seulement sur les relations commerciales au plan régional, mais il va également limiter l'espace national en matière de politiques de soutien à l'agriculture et la souveraineté alimentaire.
En janvier 2012, le Sommet de l’Union Africaine prit la décision d’établir la procédure accélérée pour une zone continentale d’accord de libre-échange d’ici 2017, dans le but de stimuler le commerce intra-africain. Pour cette raison, la manière dont différents pays progresseront dans les négociations des APE aura d’importantes implications pour la promotion du commerce intra-africain dans le contexte des accords de libre-échange. Ils sont nombreux, les défis auxquels les pays africains doivent faire face pour adapter leur industrie et leur économie aux APE, comme renforcer les capacités de production, améliorer les infrastructures ou organiser des facilités pour le commerce. Si les pays africains signaient les APE, alors le continent serait submergé par des produits européens et il devrait entrer en compétition avec des économies qui ont un degré élevé de développement. Dans leur effort pour renforcer leurs capacités de production, les pays les plus pauvres d’Afrique perdront l’opportunité de développer leurs industries domestiques en produits à plus haute valeur et ils seront limités à n’échanger que des produits de valeur moindre. C’est pourquoi ce qui est une opportunité devient une extension de la même situation.
Les ministres du commerce de la Communauté sud-africaine pour le développement (SADC) se sont retrouvés à Gabarone le 20 mai 2013 en vue d’établir une approche commune à propos du Nouveau Partenariat Économique avec l’UE avant les dates limites de l’année prochaine. Les économies du Botswana et de la Namibie seront les grands perdants quand l’UE revisitera ses dispositions de commerce préférentiel. Mais aussi des pays comme le Kenya, le Ghana ou le Cameroun vont aussi perdre leur accès privilégié aux marchés de l’UE.