La célébration du 25ème anniversaire d’AEFJN à Bruxelles

 

Le réseau Afrique-Europe Foi et Justice a célébré son 25e anniversaire le 24 avril par une Eucharistie et une Table ronde à la Chapelle de la Résurrection à Bruxelles. Wolfgang Schönecke (AEFJN Allemagne) présida l’Eucharistie, il était accompagné par Aniedi Okure (AFJN Washington) et Joseph Akono (AEFJN Royaume-Uni). Cette Eucharistie rassemblait dans une atmosphère de joie des membres d’AEFJN, des anciens collaborateurs et missionnaires en Afrique pour célébrer les 25 ans d’engagement d’AEFJN envers les peuples d’Afrique.

 

 

Pour la Table ronde, deux panels traitèrent le thème général « Afrique et Europe : Défis pour le futur » ; les débats étaient modérés par Guy Poppe, journaliste. Environ 80 invités d’Afrique et d’Europe assistèrent à la fête ; parmi eux le Nonce à l’Union Européenne, le vice-président de la COMECE (Commission des conférences épiscopales de la Communauté Européenne), des religieux et religieuses, membres ou non du réseau AEFJN, et des participants de plusieurs organisations partenaires. La discussion du premier panel était centrée sur le sous-thème : « Moyens de subsistance des Africains sous la menace de l’expansion économique et de la mondialisation. Quel défi pour l’Europe ? » Le panel était composé de Begoña Iñarra (AEFJN), Annie Girard (AEFJN Cameroun) et Antoine Berilengar (Directeur du Centre d’études et de formation au développement [CEFOD] au Tchad).

 

 

Begoña Iñarra commença par donner une vue d’ensemble des 25 ans d’AEFJN, rappelant l’engagement d’AEFJN envers l’Afrique et les défis actuels. Pendant 25 ans, AEFJN a travaillé en vue de relations économiques plus égales entre l’Afrique et l’Europe. AEFJN croit que les structures économiques néolibérales actuelles sont la cause principale de la pauvreté en Afrique. Malgré une croissance économique en Afrique, le fossé entre les riches et les pauvres a continué à s’élargir aussi bien que le nombre de pauvres. Les activités d’AEFJN se sont centrées sur les politiques économiques de l’UE qui affectent la population africaine ; AEFJN fait entendre les préoccupations de nos membres africains dans les institutions européennes. En outre, pendant 25 ans le réseau a grandi, passant de 19 congrégations au départ à une cinquantaine maintenant ; et 14 antennes nationales ont été établies en Europe et en Afrique, soutenues par 150 groupes et instituts laïcs.

 

 

Une vidéo convaincante d’AEFJN Cameroun, présentée par Annie Girard, introduisit le sujet :« l’impact sur la population africaine de la mondialisation actuelle etde l’expansion économique suscitée par des entreprises ». En particulier, les impacts socio-économiques et écologiques pour les Camerounais, conséquence de politiques agricoles inadéquates et d’accaparement des terres, furent discutés. En outre, Antoine Berilengar, directeur de CEFOD au Tchad, donna un exposé au sujet des difficultés de l’exploitation des ressources naturelles au Tchad, et du travail de son organisation CEFOD au Tchad. CEFOD est un centre d’études qui vise à influencer les politiques du gouvernement et à créer un changement à partir de la base. Selon Berilengar, il est crucial de faire servir les ressources naturelles, le pétrole et les produits miniers au bénéfice des populations africaines.

 

 

Le second panel était centré sur « Paysans et travailleurs africains sous la menace des politiques commerciales et de la ruée vers les ressources naturelles. Comment l’Europe doit-elle répondre ? » Les membres du panel incluaient Wolfgang Schönecke (AEFJN Allemagne), Mark Maes (11.11.11) et Leonardo Mizzi (Directeur général pour l’agriculture et le développement rural pour la division générale AGRI-Commission Européenne). Wolfgang Schönecke a traité des effets néfastes de la politique de bio-carburants de l’UE en Afrique, argumentant que la Directive d’énergie renouvelable de l’UE contribue à l’accaparement des terres en Afrique. Il a plaidé pour que l’UE annule toutes ses cibles de consommation pour les bio-carburants et qu’elle travaille en vue d’une élimination progressive complète, pour les transports routiers de l’UE, de tous les bio-carburants basés sur la terre. Il a aussi insisté sur le fait que l’UE devrait appliquer les directives volontaires de la FAO sur la gouvernance responsable de la titularisation de la terre, des pêcheries et des forêts dans le contexte de la sécurité alimentaire nationale.

 

 

Ensuite, Mark Maes a parlé de la politique commerciale de l’UE, plus particulièrement des Accords de partenariat économique et de l’approche ‘de haut en bas’ des APE par l’UE ; les pays ACP sont forcés de signer ces accords commerciaux désavantageux. Effectivement, les pays ACP devraient faire la plupart des ajustements à un commerce plus libéralisé, alors que dans l’UE ces structures sont déjà présentes. De plus, selon Maes, un commerce plus libéralisé n’est pas une garantie pour la réduction de la pauvreté, qui est un des objectifs des APE. Ensuite, Leonardo Mizzi a exprimé sa conviction que la Politique agricole commune a évolué dans la bonne direction concernant ses effets sur les pays en développement puisque, selon M. Mizzi, l’UE a élargi l’accès au marché pour des produits provenant des pays en développement, en permettant à des producteurs africains d’exporter davantage vers les marchés européens. Il a aussi nié que les pays ACP sont forcés de signer les APE. Il s’ensuivit un débat animé entre les trois participants et beaucoup de questions de la part du public. Le débat a offert un échange fructueux d’idées africaines et européennes entre les membres du panel et le public.

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