1201 NOUVELLES sur les MEDICAMENTS - Janvier 2012

Dix événements marquants pour l’accès aux médicaments en 2011

L’année 2011 marque le dixième anniversaire de deux événements décisifs pour l’accès à des soins médicaux abordables et de qualité dans les pays en développement. Le premier est la signature de la Déclaration de Doha en 2001, où les gouvernements se sont engagés à faire passer l’accès à des médicaments abordables avant les droits de propriété intellectuelle. Le deuxième est la création d’un fonds pour lutter contre les maladies les plus mortelles des pays en développement : le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme. Les campagnes d’accès aux médicaments ont été créées il y a un plus de dix ans pour  fournir aux patients les meilleurs soins possible. En 2011 d’autres événements montrent que peu à peu on avance, même si parfois on a l’impression de reculer.

 

Le Forum du Réseau Pharmaceutique Œcuménique sur l’accès à des médicaments de qualité

 

Le prochain Forum de l'EPN aura lieu du 21 au 23 mars 2012, à Addis Ababa, en Ethiopie. Le thème des discussions sera 'l'accès aux médicaments de qualité: besoins de priorité, actions de priorité pour le présent et l'avenir'. Tous les membres de l'EPN, les partenaires et parties prenantes sont invités. Les frais d'enregistrement sont de 200 USD (ci-inclus le logement et conférence) pour les membres de l'EPN et 150 USD (uniquement conférence) pour non-membres.

 

Un antipaludéen, l’artémisinine, pourrait
être produit en masse

 

Le plus efficace médicament anti-paludisme peut désormais être produite à moindre coût et en grandes quantités. Cela signifie qu'il sera possible de fournir des médicaments pour les 225 million de patients du paludisme dans les pays en développement à un prix abordable. Les chercheurs ont développé un processus très simple pour la synthèse de l'artémisinine, l'ingrédient actif que jusqu'à présent les sociétés pharmaceutiques ne pourraient obtenir qu’à partir de plantes.

 

Les brevets sur les produits pharmaceutiques et l'innovation

Les médicaments ont amélioré et prolongé la vie de millions de personnes. Mais les nombreuses avancées au cours des deux dernières décennies ne se sont pas sans controverse, en grande partie dû aux profits énormes que l'industrie pharmaceutique fait avec les médicaments vedettes. Les fabricants de médicaments disent ces bénéfices financent la recherche qui produit des traitements révolutionnaires. Des critiques remettent en question cette hypothèse. Il n'y a aucune preuve, disent-ils, d'un lien entre la durée des brevets et l'innovation. À leur avis, les sociétés pharmaceutiques se concentrent sur le développement des médicaments les plus commercialisables, au lieu de se concentrer sur les médicaments les plus urgents. Alors l’extension de la durée des brevets servirait essentiellement à augmenter les profits des sociétés pharmaceutiques, et non pas à encourager l'innovation nécessaire pour adresser les besoins médicaux non satisfaits dans le monde.

 

Production locale d’ARV au Kenya

Une société pharmaceutique du Kenya a reçu la permission de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour la production de médicaments antirétroviraux (ARV), ce qui devrait signifier des épargnes considérables pour le programme de traitement croissant du gouvernement. Déjà en novembre, l‟OMS avait donné à cette entreprise la certification de préqualification, permettant la production du médicament combiné ARV, Lamizido. La certification signifie que les organisations internationales fournissant les ARV peuvent aussi acheter le médicament de cette entreprise, et l‘usage de ce médicament dans le programme de traitement du pays est approuvé. Lamizido, l’un des 255 médicaments certifiés par l’OMS, est une combinaison de Zidovudine et Lamivudine, et sera produit en doses de 150 et 300 grammes. Le producteur Universal Corporation estime que le coût du médicament sera au moins 30% en-dessous du prix payé actuellement par le gouvernement aux producteurs à l’étranger.

 

Taux de résistance plus haut pour les régimes
avec efavirenz et AZT

 

Les régimes de traitement du VIH qui comprennent l‟efavirenz et AZT ont les plus hauts taux de résistance, selon une étude swisse publiée dans l‟édition électronique de Clinical Infectious Diseases. Les résultats soulignent la durabilité des combinaisons de médicaments antirétroviraux qui comprennent tenofovir plutôt qu‟une des analogues nucléosides plus vieilles comme l‟AZT, et sont d‟une pertinence particulière pour les pays de bas et moyen revenu qui considèrent l‟équilibre entre coût et durabilité de plusieurs régimes antirétroviraux de première ligne. Pendant six ans de suivi, 16% des patients sous traitement avec une combinaison d‟efavirenz (Sustiva) et AZT (zidovudine, Retrovir), développait la résistance, par rapport à 5-9% des patients utilisant des combinaisons alternatives. Deux tiers de tous les cas de résistance se produisaient lorsque le patient avait une charge viral entre 50 et 500 copies/ml.

 

Base de données électronique gratuite
sur les systèmes de santé

Health Systems Evidence est le point d'accès en matière de données probantes le plus complet et gratuit afin d'appuyer les décideurs, les parties prenantes et les chercheurs souhaitant renforcer ou réformer les systèmes de santé, ou mettre en œuvre des programmes, des services et des médicaments efficients pour ceux qui en ont besoin. Ce répertoire de synthèses de recherche continuellement mis à jour a élargi de manière considérable depuis son début il y a deux ans. Le site web renouvelé offre des nouvelles fonctionalités de recherche et est disponible en 7 langues: en arabe, chinois, anglais, français, portugais, russe et espagnol. D’autres améliorations sont un filtre qui permet aux utilisateurs d’identifier les preuves pour les pays à bas et moyen revenu, et un service de preuve personalisé qui fournira des messages par e-mail chaque mois indiquant les nouveaux documents disponibles dans la base de données selon l’intérêt spécifique de l’utilisateur. L’inscription est gratuite.

 

Bourses pour l’Institut de Médecine Tropicale, Belgique

L’Institut de Médecine Tropical se trouve à Anvers, Belgique et est considéré parmi les meilleurs instituts dans le monde pour la formation, la recherche et l‟asistance dans la médecine tropicale et les soins de santé dans les pays en voie de développement. L‟institute offre un large nombre de bourses pour étudiants de différents programmes d‟étude. Parmi les bourses (partielles ou complètes) sont Master en Santé Publique - Politiques et Management des Systèmes de Santé, Master en Santé Publique - Contrôle des Maladies, Formation Courte en Politiques de Santé, Formation Courte en Management Stratégique de Systèmes de Santé.

 

Algérie- La facture d'importation de médicaments toujours en hausse

En Algérie la facture d'importation de médicaments pour l'année en cours a enregistré une hausse de 150 millions de dollars par rapport à l'année précédente. L’Algérie a importé l'équivalent de 1,44 milliard de dollars durant les dix premiers mois de 2011 contre 1,21 milliard de dollars à la même période de l'année précédente. Cette augmentation très importante a été enregistrée en dépit de la mesure interdisant l'importation de médicaments produits localement.  L'interdiction d'importation de  médicaments produits localement est tributaire de l'implantation des grandes firmes pharmaceutiques - comme Pfizer, Sanofi Aventis, El Kendi, Hikma et Spimaco – en Algérie.

 

KENYA- Nouvelles directives après le rappel
d’un test VIH défectueux

En novembre, l’OMS a retiré, avec effet immédiat, le kit de dépistage rapide de VIH Standard Diagnostics Bioline® HIV 1/2 3.0 de sa liste de tests rapides homologués. L’alerte a été lancée après l’échec de Bioline aux tests d’assurance qualité. Au Kenya on estime qu’un million de kits étaient en circulation au moment du retrait, soit environ un dixième de tous les kits VIH disponibles dans le pays. Sauf dans le cas des tests sur les bébés, les résultats des tests VIH ont toujours été instantanés et c’est ce qu’il y avait de bien. S’il faut attendre le résultat en cas d’incertitude, cela pourrait être extrêmement angoissant pour certains. On peut craindre également l’impact qu’aura le retrait sur la confiance du public dans le dépistage du VIH.

 

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