1607 Egalité des genres au Nigeria
Les questions d’héritage sont complexes au Nigéria. Comme la culture est fondamentale pour la société nigériane, présente à la base et à travers le discours et les institutions de la nation, le fait que le Nigéria retarde l’autonomisation des genres dérive peut-être du refus des idéaux occidentaux, aussi bien que de l’enracinement profond des traditions dans une société harmonisatrice qui a dès lors besoin de rester inchangée. Récemment le Nigéria a refusé le projet de loi sur l’opportunité d’égalité des genres, présenté par le Sénateur Abiodun Olujimi, ce qui a amené d’autres à demander pourquoi un projet de loi qui plaide pour les droits fondamentaux des femmes n’a pas de place dans une puissance mondiale en devenir.
A présent, comme la plupart des pays aujourd’hui, le Nigéria est absorbé par l’inégalité des genres ; alors que ce dernier est globalement un concept de chaude controverse, et proéminent dans le cadre de la constitution et de la société du Nigéria, cet article vise à offrir des vues sur l’héritage masculin et la tendance principale vis-à-vis du genre sur la toile de fond d’un paradoxe complexe, la coutume opposée à la législation universelle.
A part la préservation des lignées, la règle de l’héritage masculin vise à offrir une provision matérielle à ceux qui dépendent des personnes décédées. Selon cette règle, les hommes sont les héritiers des personnes décédées, par conséquent les femmes sont marginalisées et n’ont pas l’autorisation d’accéder à la propriété des membres de leur famille. Une telle coutume n’est pas propre au Nigéria, ni à l’Afrique ; en fait la doctrine légale commune d’accumuler la richesse dans les mains du mâle le plus âgé a existé dans presque toutes les sociétés. Dans le cas du Nigéria cependant, un tel sujet susceptible de controverse reste proéminent et dessine une structure hiérarchique dans laquelle les femmes ne peuvent accéder au pouvoir. L’article va revoir particulièrement les Bini du Nigéria du sud-ouest et les Igbo du Nigéria oriental, en analysant dans quelle mesure les coutumes forcent les femmes à être marginalisées dans les deux cultures.
L’origine du système d’héritage masculin dans la population Bini s’enracine dans la tradition du culte ancestral. ‘On croyait que le «Igiogbe » était un sanctuaire pour servir les ancêtres et communiquer avec eux. Dans le groupe ethnique Bini, qui compte environ 1.600.000 personnes dont 99% sont chrétiennes, le fils aîné jouit d’une place spéciale. Selon les rites d’héritage des Bini, lorsqu’une homme meurt, tous les titres héréditaires qu’il pourrait avoir et le « Igiogbe » sont automatiquement dévolus au fils aîné’. Donc les femmes sont complètement négligées, n’ayant aucun accès à la propriété de leur famille, à moins que les aînés soient disposés à partager. Des cas d’héritage masculin se produisent régulièrement, en contradiction avec la législation nationale. Il est rare que des législations nationales descendent dans les systèmes à la base, ainsi il est inévitable que les traditions aient une grande importance pour organiser la loi.
Les lois d’héritage du groupe Igbo sont aussi largement en faveur des descendants masculins. Par exemple, bien qu’il existe beaucoup de variations locales, l’héritage de terrains possédés par une personne individuelle suit généralement le principe de primogéniture. C’est pourquoi, quand un homme meurt intestat, la plus grande partie de sa terre individuelle ira au fils aîné, les autres fils se partageant le reste en parts égales (Obi, supra, at 199.) Si le défunt n’a pas de fils, sa terre individuelle va à ses frères pour être partagée selon la séniorité.
Il est évident que les femmes Igbo sont exclues de l’héritage, il y a cependant certaines localités où les femmes sont autorisées à hériter de la propriété de leur père en copropriété avec les membres masculins de leur famille ; dans ces cas, néanmoins, l’aîné des hommes garde le contrôle de tous les biens hérités. ‘Il y a aussi des localités où une fille pour laquelle une cérémonie nrachi est exécutée (une pratique par laquelle une fille d’un homme qui n’a pas de descendants masculins est empêchée de se marier de sorte qu’elle puisse avoir des enfants masculins au nom de son père) j’ai traduit le texte mais cela me semble bizarre ! peut hériter de la parcelle, de la terre et de la maison de son père. Ce sont peut-être les seuls cas où une femme peut accéder à la propriété d’un membre défunt de la famille. Néanmoins, dans ces cas, le bénéficiaire principal est masculin.
Telles qu’elles sont présentées, ces lois coutumières existent largement au niveau national, bien qu’elles violent la constitution de 1999 contre la discrimination. ‘Le juge Rhodes-Vivour, un des cinq juges qui ont instruit l’affaire, a exprimé l’opinion de la cour en déclarant que, quelles que soient les circonstances de la naissance d’une fille, elle a droit à hériter de la propriété de son père défunt. Par conséquent, la loi coutumière Igbo, qui renie le droit d’une fille à avoir part au partage de la propriété de son père défunt, va à l’encontre des sections 42(1) et (2) de la Constitution, une provision fondamentale de droits garantis à chaque Nigérian.’ Comme on peut le voir, le niveau national promeut l’égalité des genres, cependant il est clair qu’elle n’est pas exercée en pratique – le tribunal suit plutôt les lois coutumières ou religieuses qui, habituellement, ne considèrent pas les femmes comme indépendantes.
En conclusion, en considérant la législation coutumière et universelle au Nigéria, particulièrement en ce qui concerne les femmes, on doit se demander qui devrait assumer le rôle de la loi au Nigéria. On a noté que ‘la coexistence de lois statutaires modernes avec les lois coutumières et pratiques traditionnelles au Nigéria a créé un régime légal complexe et source de confusion sous lequel on nie généralement une protection légale adéquate aux femmes’. D’autre part, l’importance de l’incorporation des coutumes et de la religion dans la législation du Nigéria est essentielle étant donné la société elle-même, l’incorporation des traditions relie la base à la règle nationale. Néanmoins, afin d’amener à l’égalité, ou bien le Nigéria interdira les coutumes dans la législation, malgré leur valeur intrinsèque pour la nation nigériane, ou bien le Nigéria peut changer les attitudes et les perceptions, pour autonomiser les femmes, une majeure partie de l’économie. Empêcher l’accès des femmes à ce qui devrait être leur de droit, cause une myriade de problèmes, non seulement pour leur bien-être social, mais aussi pour l’économie. La trajectoire du Nigéria le mène vers une puissance économique mondiale ; si on ne facilite pas les nécessités et provisions égales pour les femmes dans la société, ce sera un facteur majeur de plus qui maintiendra le Nigéria dans la stagnation.
Kaleke Kolawole
AEFJN
Références:
http://www.saflii.org/za/journals/AHRLJ/2014/31.html
http://www.academia.edu/7187814/AN_APPRAISAL_OF_INHERITANCE_RIGHTS_OF_WOMEN_IN_NIGERIA