Vers la Responsabilité personnelle dans un monde d’injustice

      L’Evangile de Jésus Christ est un message de liberté et de libération. La libération consiste  essentiellement à délivrer de toutes sortes d’asservissements : personnels, économiques, politiques, sociaux ou culturels. Ces formes d’esclavage sont des obstacles qui empêchent des hommes et des femmes de vivre avec dignité et de prendre des décisions en tant qu’êtres humains complets. Quand des hommes et des femmes choisissent librement leurs propres façons de vivre, souvent, malheureusement, leurs décisions sont influencées par les circonstances et structures injustes qui prévalent.

 

      Lorsque nous rencontrons des situations dans lesquelles la pauvreté et l’injustice sociale font partie de la vie quotidienne de la population, lorsque les inégalités sociales sont dues à des accords économiques inéquitables, lorsque des gens sont déplacés par un conflit, lorsque des hommes, des femmes et des enfants sont exploités au travail ou souffrent des conséquences désastreuses des forces de la nature causées par le réchauffement mondial, il peut être difficile de savoir si la responsabilité réside dans les structures injustes ou à un niveau personnel.

 

     Par conséquent, la libération de l’être humain n’est pas seulement une responsabilité personnelle. La libération des injustices de ce monde est une dynamique relationnelle entre des personnes individuelles, des peuples et des structures humaines. Dans la tâche de transformation de ce monde, notre engagement au Christ requiert un engagement personnel envers la justice sociale et économique qui travaille à la libération humaine. Notre engagement chrétien à la justice économique doit se focaliser sur le changement de ces structures qui perpétuent les injustices parmi les plus pauvres et qui n’aident pas le développement intégral de l’être humain. Par conséquent, une partie de notre tâche consiste à analyser les politiques de l’Union Européenne vis-à-vis de l’Afrique et à dénoncer leurs conséquences qui perpétuent l’injustice économique. Une partie de notre rôle en tant que chrétiens est de dénoncer les nombreux abus que l’économie néolibérale, oublieuse du but de la création, inflige aux pauvres.

 

      Notre engagement envers l’Afrique commence par l’écoute de la Parole de Dieu dans toute l’Ecriture et du souci de Dieu pour les pauvres et les opprimés. Cette inspiration de notre foi devient un engagement envers la justice personnelle, économique et politique. Le salut offert par Jésus dans l’Evangile est, avant tout, un salut communautaire ; des hommes et des femmes vivant en communauté qui essaient d’incarner la relation trinitaire. Le salut est la volonté de Dieu que l’humanité vive la plénitude de la création. Mais pour que ce salut devienne une réalité faisable, un changement de société est requis, solidarité entre les peuples, engagement politique des institutions publiques et transformation de l’économie néolibérale en une économie libératrice.

 

      Notre engagement envers les pauvres est un regard réaliste sur les gens qui souffrent et une opportunité de travailler avec eux pour améliorer les conditions de vie de ceux qui sont opprimés, qui n’ont pas le nécessaire pour vivre, aussi bien qu’une manière de rendre des forces à ceux qui ont perdu leur dignité sous l’exploitation du travail, les guerres, la violence, des mauvais traitements ou la discrimination. De plus, les aspirations démocratiques du peuple et le désir de justice économique et sociale sont nécessaires, de sorte que les gens puissent prendre leur destinée en main et être de vrais protagonistes du royaume de Dieu.  

 

José Luis Gutiérrez Aranda

AEFJN Policy Officer

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